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Cours de français de la 4e R2D2

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21 avril 2020

Mardi 21 avril et mercredi 22 avril

Les Trois mousquetaires d'Alexandre Dumas, publié en 1849, est un roman historique, c'est-à-dire qu'il présente un univers romanesque ancré dans l'histoire. Ici, il s'agit de la France du XVIIème siècle, sous le règne de Louis XIII. Les personnages fictifs croisent des personnages historiques et évoluent dans un cadre minutieusement reconstitué. Par exemple, Athos, Porthos, Aramis et D'Artagnan sont des personnages réels (d'Artagnan est le mousquetaire qui a arrêté Fouquet sur les ordres de Louis XIV, par exemple) mais l'intrigue dans laquelle ils sont plongés par Alexandre Dumas est totalement fictive.

 

Le passage que nous allons étudier se situe à la fin du roman, quand Milady, après avoir comploté contre la France et l'Angleterre, avoir trahi Athos des années plus tôt et avoir assassiné la femme aimée par d'Artagnan, est jugée et condamnée à mort.

 

J'ai coupé l'extrait en quatre parties. Chaque partie est suivie de quelques questions auxquelles vous devez répondre. Cela nous permettra ensuite de comparer les récits de Victor Hugo dans Claude Gueux, et ce passage des Trois mousquetaires d'Alexandre Dumas.

 

 

 

I Le décor et l'atmosphère

 

 

Partie 1

 

Il était minuit à peu près; la lune, échancrée par sa décroissance et ensanglantée par les dernières traces de l'orage, se levait derrière la petite ville d'Armentières, qui détachait sur sa lueur blafarde la silhouette sombre de ses maisons et le squelette de son haut clocher découpé à jour. En face, la Lys roulait ses eaux pareilles à une rivière d'étain fondu; tandis que sur l'autre rive on voyait la masse noire des arbres se profiler sur un ciel orageux envahi par de gros nuages cuivrés qui faisaient une espèce de crépuscule au milieu de la nuit. A gauche s'élevait un vieux moulin abandonné, aux ailes immobiles, dans les ruines duquel une chouette faisait entendre son cri aigu, périodique et monotone. Çà et là dans la plaine, à droite et à gauche du chemin que suivait le lugubre cortège, apparaissaient quelques arbres bas et trapus, qui semblaient des nains difformes accroupis pour guetter les hommes à cette heure sinistre.

De temps en temps un large éclair ouvrait l'horizon dans toute sa largeur, serpentait au-dessus de la masse noire des arbres et venait comme un effrayant cimeterre couper le ciel et l'eau en deux parties. Pas un souffle de vent ne passait dans l'atmosphère alourdie. Un silence de mort écrasait toute la nature; le sol était humide et glissant de la pluie qui venait de tomber, et les herbes ranimées jetaient leur parfum avec plus d'énergie.

Deux valets traînaient Milady, qu'ils tenaient chacun par un bras; le bourreau marchait derrière, et Lord de Winter, d'Artagnan, Athos, Porthos et Aramis marchaient derrière le bourreau.

Planchet et Bazin venaient les derniers.

 

 

 

- Comment l'atmosphère décrite prépare-t-elle la scène à venir ?

Indices pour répondre :

=> relevez le moment de la journée pendant lequel se déroule la scène. Il s'agit d'un moment symbolique.

=> relevez les conditions météorologiques et quelques éléments de décor

 

 

 

II L'exécution de Milady

 

Partie 2

 

Les deux valets conduisaient Milady du côté de la rivière. Sa bouche était muette; mais ses yeux parlaient avec leur inexprimable éloquence, suppliant tour à tour chacun de ceux qu'elle regardait.

Comme elle se trouvait de quelques pas en avant, elle dit aux valets :

«Mille pistoles à chacun de vous si vous protégez ma fuite; mais si vous me livrez à vos maîtres, j'ai ici près des vengeurs qui vous feront payer cher ma mort.»

Grimaud hésitait. Mousqueton tremblait de tous ses membres.

Athos, qui avait entendu la voix de Milady, s'approcha vivement, Lord de Winter en fit autant.

«Renvoyez ces valets, dit-il, elle leur a parlé, ils ne sont plus sûrs.»

On appela Planchet et Bazin, qui prirent la place de Grimaud et de Mousqueton.

Arrivés au bord de l'eau, le bourreau s'approcha de Milady et lui lia les pieds et les mains.

Alors elle rompit le silence pour s'écrier :

«Vous êtes des lâches, vous êtes des misérables assassins, vous vous mettez à dix pour égorger une femme; prenez garde, si je ne suis point secourue, je serai vengée.

Vous n'êtes pas une femme, dit froidement Athos, vous n'appartenez pas à l'espèce humaine, vous êtes un démon échappé de l'enfer et que nous allons y faire rentrer.

Ah ! Messieurs les hommes vertueux ! dit Milady, faites attention que celui qui touchera un cheveu de ma tête est à son tour un assassin.

Le bourreau peut tuer, sans être pour cela un assassin, Madame, dit l'homme au manteau rouge en frappant sur sa large épée; c'est le dernier juge, voilà tout : Nachrichter , comme disent nos voisins les Allemands.»

Et, comme il la liait en disant ces paroles, Milady poussa deux ou trois cris sauvages, qui firent un effet sombre et étrange en s'envolant dans la nuit et en se perdant dans les profondeurs du bois.

«Mais si je suis coupable, si j'ai commis les crimes dont vous m'accusez, hurlait Milady, conduisez-moi devant un tribunal, vous n'êtes pas des juges, vous, pour me condamner.

Je vous avais proposé Tyburn, dit Lord de Winter, pourquoi n'avez- vous pas voulu ?

Parce que je ne veux pas mourir ! s'écria Milady en se débattant, parce que je suis trop jeune pour mourir !

La femme que vous avez empoisonnée à Béthune était plus jeune encore que vous, Madame, et cependant elle est morte, dit d'Artagnan.

J'entrerai dans un cloître, je me ferai religieuse, dit Milady.

Vous étiez dans un cloître, dit le bourreau, et vous en êtes sortie pour perdre mon frère.»

Milady poussa un cri d'effroi, et tomba sur ses genoux.

Le bourreau la souleva sous les bras, et voulut l'emporter vers le bateau.

«Oh ! mon Dieu ! s'écria-t-elle, mon Dieu ! allez-vous donc me noyer !»

Ces cris avaient quelque chose de si déchirant, que d'Artagnan, qui d'abord était le plus acharné à la poursuite de Milady, se laissa aller sur une souche, et pencha la tête, se bouchant les oreilles avec les paumes de ses mains; et cependant, malgré cela, il l'entendait encore menacer et crier.

D'Artagnan était le plus jeune de tous ces hommes, le coeur lui manqua.

«Oh ! je ne puis voir cet affreux spectacle ! je ne puis consentir à ce que cette femme meure ainsi !»

Milady avait entendu ces quelques mots, et elle s'était reprise à une lueur d'espérance.

«D'Artagnan ! d'Artagnan ! cria-t-elle, souviens-toi que je t'ai aimé !»

 

 

-Quel est le rôle du dialogue dans ce passage ?

=> Pensez à la place du lecteur

 

-Comment Milady procède-t-elle pour tenter de se sauver ?

=> Analysez son argumentation : selon elle, son procès est-il juste ? A-t-elle eu un procès ? Se défend-elle ou accuse-t-elle ?

 

 

 

Partie 3

 

Le jeune homme se leva et fit un pas vers elle.

Mais Athos, brusquement, tira son épée, se mit sur son chemin.

«Si vous faites un pas de plus, d'Artagnan, dit-il, nous croiserons le fer ensemble.»

D'Artagnan tomba à genoux et pria.

«Allons, continua Athos, bourreau, fais ton devoir.

– Volontiers, Monseigneur, dit le bourreau, car aussi vrai que je suis bon catholique, je crois fermement être juste en accomplissant ma fonction sur cette femme.

– C'est bien.»

Athos fit un pas vers Milady.

«Je vous pardonne, dit-il, le mal que vous m'avez fait; je vous pardonne mon avenir brisé, mon honneur perdu, mon amour souillé et mon salut à jamais compromis par le désespoir où vous m'avez jeté. Mourez en paix.»

Lord de Winter s'avança à son tour.

«Je vous pardonne, dit-il, l'empoisonnement de mon frère, l'assassinat de Sa Grâce Lord Buckingham; je vous pardonne la mort du pauvre Felton, je vous pardonne vos tentatives sur ma personne. Mourez en paix.

– Et moi, dit d'Artagnan, pardonnez-moi, Madame, d'avoir, par une fourberie indigne d'un gentilhomme, provoqué votre colère; et, en échange, je vous pardonne le meurtre de ma pauvre amie et vos vengeances cruelles pour moi, je vous pardonne et je pleure sur vous. Mourez en paix.

I am lost ! murmura en anglais Milady. I must die.»

 

I am lost : je suis perdue

I must die : je dois mourir

 

-Que pouvez-vous dire des répliques d'Athos, lord de Winter et d'Artagnan ?

=> Observez bien la structure des phrases (ce qui est semblable et ce qui diffère).

=> Analysez l'effet de la phrase de d'Artagnan sur Milady

 

 

Partie 4

 

Alors elle se releva d'elle-même, jeta tout autour d'elle un de ces regards clairs qui semblaient jaillir d'un oeil de flamme.

Elle ne vit rien.

Elle écouta et n'entendit rien.

Elle n'avait autour d'elle que des ennemis.

«Où vais-je mourir ? dit-elle.

Sur l'autre rive», répondit le bourreau.

Alors il la fit entrer dans la barque, et, comme il allait y mettre le pied, Athos lui remit une somme d'argent.

«Tenez, dit-il, voici le prix de l'exécution; que l'on voie bien que nous agissons en juges.

C'est bien, dit le bourreau; et que maintenant, à son tour, cette femme sache que je n'accomplis pas mon métier, mais mon devoir.»

Et il jeta l'argent dans la rivière.

Le bateau s'éloigna vers la rive gauche de la Lys, emportant la coupable et l'exécuteur; tous les autres demeurèrent sur la rive droite, où ils étaient tombés à genoux.

Le bateau glissait lentement le long de la corde du bac, sous le reflet d'un nuage pâle qui surplombait l'eau en ce moment.

On le vit aborder sur l'autre rive; les personnages se dessinaient en noir sur l'horizon rougeâtre.

Milady, pendant le trajet, était parvenue à détacher la corde qui liait ses pieds : en arrivant sur le rivage, elle sauta légèrement à terre et prit la fuite.

Mais le sol était humide; en arrivant au haut du talus, elle glissa et tomba sur ses genoux.

Une idée superstitieuse la frappa sans doute; elle comprit que le Ciel lui refusait son secours et resta dans l'attitude où elle se trouvait, la tête inclinée et les mains jointes.

Alors on vit, de l'autre rive, le bourreau lever lentement ses deux bras, un rayon de lune se refléta sur la lame de sa large épée, les deux bras retombèrent; on entendit le sifflement du cimeterre et le cri de la victime, puis une masse tronquée s'affaissa sous le coup.

Alors le bourreau détacha son manteau rouge, l'étendit à terre, y coucha le corps, y jeta la tête, le noua par les quatre coins, le chargea sur son épaule et remonta dans le bateau.

Arrivé au milieu de la Lys, il arrêta la barque, et suspendant son fardeau au-dessus de la rivière :

«Laissez passer la justice de Dieu !» cria-t-il à haute voix.

Et il laissa tomber le cadavre au plus profond de l'eau, qui se referma sur lui.

 

 

-Quel est le point de vue majoritairement utilisé ? Expliquez l'intérêt de ce choix.

 

-Que peut symboliser la traversée du fleuve ?

=> Pensez à la mythologie

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20 avril 2020

Lundi 20 avril

Nous avions laissé Claude Gueux après son discours dans lequel il affirmait avoir jugé le directeur des ateliers et l'avoir déclaré coupable. Je vous rappelle qu'il s'était auparavant procuré une hache et des ciseaux dans les ateliers. Il met donc son projet à exécution et tue le directeur des ateliers. Suite à cela, il est arrêté, jugé et condamné à mort. Voici le récit de son exécution.

 

Séance 5 : L'exécution

 

 

Objectif : Comparer l'exploitation et les enjeux d'un motif littéraire (une exécution) dans deux œuvres différentes

 

Supports : Claude Gueux, Victor Hugo, 1834, p178, ligne 674 à 707 et Les Trois Mousquetaires, Chapitre LXVI « L'Exécution », Alexandre Dumas, 1844

 

 

I L'exécution

 

Le portrait de Claude Gueux est-il vraisemblable ?

=> pour répondre, relevez les éléments du portrait qui est fait de lui

 

 

Quels détails sont donnés sur l'exécution ? Lesquels sont tus ?

 

 

II Objectif de la scène pour Hugo

 

Quelle morale Hugo tire-t-il de son récit ?

=>3 éléments de réponse sont attendus

30 mars 2020

Lundi 30 mars

oici un texte qui raconte brièvement la vie du véritable Claude Gueux :

 

La vie de Claude Gueux (1804-1832) 

Claude Gueux naît en Côte d’Or dans une famille de pauvres gens qui survivent d’expédients : son père mourra à Clairvaux en 1830. Il perd sa mère à 12 ans et quitte sa famille peu après pour mener une vie de délinquant aux multiples incarcérations. Il est condamné en 1818 à un an de prison pour avoir volé un sac d’avoine. En 1823, le vol de quelques vêtements le conduit à Clairvaux pour cinq ans. Peu avant sa libération, il participe à une révolte de détenus qui l’oppose déjà au gardien-chef Delacelle. En 1829, le vol d’un cheval le ramène à Clairvaux pour y purger une peine de huit ans de réclusion. Il retrouve Delacelle et fait la connaissance de Félix Legrand, surnommé Albin, condamné pour vol, et avec qui il noue des relations homosexuelles. En novembre 1831, après de nombreuses tentatives d’évasion, il tue le gardien-chef Delacelle dont la mort provoque des explosions de joie que la direction doit réprimer. L’aura de Claude Gueux est telle que le gouvernement ne pourra le faire exécuter devant les autres détenus, comme il en avait l’intention, le risque de révolte étant trop grand. Il sera décapité à Troyes, sur la place du marché au blé, le 1er juin 1832. Indéniablement, Claude Gueux est un « cas » : tour à tour matelot ou cordonnier, on ne sait, voleur misérable, s’affirmant illettré mais écrivant à l’occasion, muet, affirme-t-il, mais beau parleur, il a tout du mystificateur que la hargne du gardien-chef va transformer en symbole. 

Source : LIVRET DU PROFESSEUR établi par MICHEL DOBRANSKY professeur de Lettres, Magnard, Paris, 2000 



Quelques informations sur Albin:

D’après les divers témoignages dont on dispose, l’authentique Albin était une brute à la force herculéenne. Trois semaines après l’exécution de Claude Gueux, il assassina sauvagement un prisonnier, ce qui lui valut une condamnation aux travaux forcés à perpétuité. Il finit ses jours à Bicêtre.

Note de bas de page par Etienne Kern, Claude Gueux, éditions Garnier-Flammarion

 

- Quelles ressemblances et différences pouvez-vous établir entre le véritable Claude Gueux et celui présenté par Victor Hugo ? (vous pouvez également utiliser les éléments de la séance 2)

 

 



Question bilan : Pourquoi Victor Hugo a-t-il modifié certains éléments concernant la vie de Claude Gueux ?

25 mars 2020

Mercredi 25 mars

Dans les premières pages de Claude Gueux, Victor Hugo présente le contexte dans lequel son personnage va évoluer ainsi que les différents protagonistes. L'action se situe dans la prison centrale de Clairvaux. Cette prison a la particularité de faire travailler ses prisonniers dans des ateliers (une sorte d'usine mais ce sont les prisonniers qui jouent le rôle des ouvriers). Le directeur des ateliers (Delacelle, mais il n'est pas nommé dans le texte de Victor Hugo) n'aime pas Claude Gueux parce qu'il impressionne et inspire ses camarades.

Dans le texte suivant, vous allez étudier la première rencontre entre Claude et Albin, un autre prisonnier. Cette rencontre est celle qui va déclencher les événements de l'histoire.

 

 

Séance 3 : La rencontre entre Claude et Albin

 

Objectif : Étudier la description des personnages comme stratégie argumentative

 

Support : Claude Gueux, Victor Hugo, 1834, p161-162, lignes 113 à 167– Extrait du livret du professeur établi parMICHEL DOBRANSKY, professeur de Lettres, Magnard, Paris, 2000 

 

Lisez l'extrait qui commence page 161 ligne 113 jusqu'à la page 162 ligne 167 (pour ceux qui n'ont pas le livre, le texte se trouve dans les documents)

 

 

I Des personnages contrastés...

 

-Comment Victor Hugo met-il en évidence l’opposition entre Albin et Claude Gueux ?

Pour répondre appuyez-vous d'abord sur la description de chaque homme en relevant tout ce que vous apprenez sur eux (portrait physique, moral,...) et ensuite vous pouvez conclure.

 

 

 

II Au service de l'argumentation de l'auteur

 

Comment l'auteur se utilise-t-il la description pour servir son argumentation ?

Pour répondre, souvenez-vous de ce que vous avez étudié dans les séances précédentes (l'objectivité du narrateur et les combats de Victor Hugo)

 

23 mars 2020

Lundi 23 mars

Vous en savez désormais un peu plus sur l'engagement politique de Victor Hugo grâce à la séance 1. Pour développer son point de vue sur la misère et l'injustice sociale, ainsi que l'inutilité et la barbarie de la peine de mort, Victor Hugo va notamment écrire un court récit intitulé Claude Gueux, tiré d'un véritable fait divers. La séance qui suit va vous permettre de découvrir ce personnage tel que le présente l'auteur.

 

Séance 2 : Qui était Claude Gueux ?

 

Objectif : S'interroger sur l'objectivité du narrateur

 

Supports : Claude Gueux, Victor Hugo, 1834, Incipit p 156, lignes 1 à 27

 

Lisez le début de Claude Gueux. Pour ceux qui ont l'édition Larousse, allez à la page 156 (lignes 1 à 27). Je mettrai la photo de la page au besoin pour ceux qui n'ont pas encore leur livre.

 

Répondez ensuite aux questions suivantes :

 

I La place du narrateur

 

-Qui raconte cette histoire ?

 

-Quels sont les temps employés ? Pourquoi ? (Pensez à justifier grâce aux valeurs des temps)

 

-Le narrateur donne-t-il toutes les informations dont il a connaissance ? Pourquoi ? Qu'est-ce qui est laissé dans le silence ?

 

 

II Le portrait de Claude Gueux

 

Comment le personnage est-il présenté ?

(Relevez tout ce qui est dit de lui, que ce soit physiquement ou moralement avant de répondre à la question posée)

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19 mars 2020

Jeudi 19 mars

Si vous travaillez sur vos cahiers, c'est le moment de changer de page pour entamer une nouvelle séquence : nous allons commencer l'étude de Claude Gueux, un texte de Victor Hugo qui défend un système plus juste pour prévenir la délinquance, et qui dénonce la peine de mort.

 

Notez le titre de séquence suivant :

 

 

Vivre en société, participer à la société

 

Séquence 6 : Individu et société: confrontation de valeurs?

Claude Gueux, héros au service des idéaux de Victor Hugo

 

 

Problématique : Comment Victor Hugo transforme-t-il un fait divers en une réflexion sur la dignité humaine ?

 

 

Séance 1 : Victor Hugo, l'auteur engagé

 

Objectif : Prendre connaissance des idées de l’auteur concernant son engagement politique, en particulier à propos de la peine de mort

 

Support : Exposition virtuelle de la BNF sur Victor Hugo

 

 

Avant de commencer l'étude du texte, je vous propose d'apprendre à connaître Victor Hugo. Nous l'avons déjà évoqué pour ses romans en analysant des extraits de Notre-Dame de Paris et de L'Homme qui rit. Certains d'entre vous ont choisi son poème « Demain dès l'aube... » dans leur anthologie sur la poésie lyrique. C'est désormais l'homme engagé politiquement que nous allons étudier.

 

Pour cela, il vous suffit de vous rendre sur le site suivant et de compléter la fiche disponible dans les documents :

http://expositions.bnf.fr/hugo/arret/ind_engag.htm

 

 

19 mars 2020

Mercredi 18 mars

Vous êtes désormais incollables sur Le Cid de Corneille et Roméo et Juliette de Shakespeare. Il est donc temps de comparer ces deux œuvres pour comprendre pourquoi vous les avez étudiées ensemble.

 

Répondez aux questions suivantes pour faire la synthèse de la séquence :

 

-Quels rapprochements pouvez-vous établir entre Le Cid de Corneille et Roméo et Juliette de Shakespeare ?

-Qu'est-ce qui différencie ces deux œuvres ?

17 mars 2020

Mardi 17 mars

Suite de la séance 8

 

Comme vous l'avez vu grâce aux questions posées lors du début de séance, la scène du balcon est déjà marquée par la mort future de Roméo et Juliette. Elle possède une grande dimension symbolique en mélangeant une déclaration d'amour avec les indices d'un destin funeste (= ils vont mourir). Au fil des ans, elle est devnue un véritable mythe.

 

Nous allons donc étudier la façon dont elle a été adaptée au cours du temps, à travers différents supports. Tout d'abord, imprimez ou recopiez le tableau qui se trouve dans les documents. Vous le remplirez au fur et à mesure.

Tous les supports sont disponibles dans les documents. Si vous ne parvenez pas à les ouvrir, certains sont en ligne sur Youtube. Je vous transmets les liens avec les titres de chaque document.

 

N.B Certains extraits sont en anglais et sans sous-titres. Même si vous ne comprenez pas, ne vous inquiétez pas, vous connaissez la scène.

 

Références :

 

Document 1 :

Romeo and Juliet, Frank Bernard Dicksee, 1884

Document 1 romeo-and-juliet-1884 dicksee

 

Document 2 :

Romeo and Juliet, Franco Zeffirelli, 1968

Balcony scene from Romeo & Juliet

 

Document 3 :

West Side Story, J. Robbins et R. Wise, 1961

West Side Story (5/10) Movie CLIP - Tonight (1961) HD

 

Document 4

Romeo + Juliet, Baz Luhrmann, 1996

Roméo & Juliette - Scène du balcon | FR

 

Document 5

Roméo kiffe Juliette, Grand Corps Malade, 2010

Grand Corps Malade - Roméo kiffe Juliette (Clip Officiel)

 

Document 6

(un peu long donc vous n'êtes pas obligés de tout regarder)

Roméo et Juliette, ballet créé par Prokofiev, mise en scène de Kenneth McMillan, 1984

"Balcony Scene" from Act II of Prokofiev's Romeo and Juliet (Rudolf Nureyev and Margot Fonteyn)

 

Document 7

Shakespeare in love, John Madden, 1998

Shakespeare In Love | 'Who's There?' (HD) - Gwyneth Paltrow, Joseph Fiennes | 1998

(Les personnages ne sont pas Roméo et Juliette mais Shakespeare et Viola, la femme qu'il aime)

 

Document 8

Private Romeo, Alan Brown, 2011

(Contexte de l'histoire : les deux garçons étudient dans une école militaire exclusivement masculine. Ils travaillent sur Roméo et Juliette en cours)

 

Questions :

-Quelle adaptation préférez-vous et pourquoi ?

-Si vous deviez adapter cette scène de Roméo et Juliette, que feriez-vous ?

(Si possible, envoyez-moi la réponse qui doit être argumentée)

16 mars 2020

Lundi 16 mars 2020

Séance 8 : Amour et honneur, que choisir ?

 

Objectifs : Étudier un topos de la littérature. Comparer l'issue des deux pièces

 

Étape 1 : Pour mieux comprendre le contexte dans lequel la pièce Roméo et Juliette a été créée, voici un historique du théâtre élisabéthain. Pour vous aider à compléter le texte, regardez les vidéos extraites du film Anonymous (numérotées de 1 à 3 sur Ecole directe. Ici, je ne peux mettre que cet extrait en anglais. Concentrez-vous sur les décors)

 

The Life of Henry the Fifth from Anonymous (2011)

Le théâtre élisabéthain 


____________________________
(1558 - 1603), reine très cultivée et amatrice d'art, protestante modérée, protège le théâtre contre les attaques des protestants puritains qui considèrent le théâtre (qu'ils appelaient « ___________________________________ ») comme une école du vice et de la débauche. Ainsi en Angleterre, le théâtre est-il très florissant.

 

Le drame liturgique est très vite abandonné au profit d'un théâtre ______________________, beaucoup plus ludique et surtout davantage consacré à l'histoire de l'Angleterre. En effet, aux histoires sacrées, le public préfère les histoires _____________________________ et des faits divers qui ont marqué leur règne.

 

Comme au Moyen-Âge, le théâtre est _________________________, on construit des « mansions roulantes » qui se déplacent de ville en ville. On joue sur ______________________________________ et après le spectacle, on fait la quête : c'est le début du théâtre payant. Puis on décide de rassembler toutes les mansions en seul lieu, dans une cour d'auberge par exemple, et de faire payer l'entrée. C'est à partir de cette idée que va naître le théâtre fixe, appelé « ___________________________________________ », dés 1575.

Les théâtres étaient construits à l'extérieur de ________________________ en raison du décret de 1574 qui interdisait toute représentation théâtrale intra muros. Néanmoins, certains réussissent à contourner la loi et on voit se développer des théâtres privés qui s'installent dans des palais.

 

Les théâtres étaient construits en ______________________, tel le Globe, construit en 1594 au bord de la Tamise. Ils sont de forme ______________________________ ou polygonale ; au centre on trouve un espace vide. C'est dans ce théâtre que la plupart des pièces de _______________________________ furent jouées. Mais en 1613, au cours de la représentation d' Henry VIII, les canonniers chargés de tirer les coups de canon (placés sous le toit) pour saluer le roi, n'ont pas prêté attention aux étincelles et le feu ravagea le théâtre. Il fut alors reconstruit mais le chaume du toit fut remplacé par des tuiles.

 

Devenu payant, le théâtre est moins démocratique et distingue deux catégories de spectateurs : les plus modestes, ceux du _____________________________, qui restent debout et les plus aisés qui sont assis dans des ________________________ ou sur des ___________________________. Les spectateurs entourent les trois côtés de la scène ce qui permet une relation étroite entre les acteurs et les spectateurs.


Le statut des acteurs évolue, on compte de moins en moins d'acteurs amateurs et de plus en plus d'acteurs professionnels : c'est la naissance des troupes de théâtre convoitées par les grands seigneurs qui jouent en quelque sorte le rôle de ___________________________, tel Lord Chamberlain qui permit à Shakespeare de fonder la « Lord Chamberlain's Company of actors » en 1594. Seuls les ______________________ pouvaient être acteurs, aussi les rôles féminins étaient-ils joués par des adolescents (n'ayant pas encore mué si possible) travestis en femme.

 

 

Étape 2 :

 

La scène du balcon est un topos, c'est-à-dire une scène incontournable de la littérature romanesque et amoureuse. Cette scène est la plus emblématique de Roméo et Juliette. Elle a été soumise à de nombreuses réécritures aussi bien littéraires que cinématographiques ou musicales.

 

Étude de la scène originale. Relisez la scène 2 de l'acte II puis répondez aux questions suivantes :

 

-Les didascalies font-elles référence à un balcon ?

-Il s'agit de la deuxième fois que Roméo et Juliette dialoguent. Quelles sont les différences entre cette scène et celle du bal ?

-Comment est organisée la prise de parole (qui parle le plus?) ?

-Que peuvent symboliser les jardins dans lesquels se tient la scène ?

-Quels sont les indices qui révèlent que le destin des deux personnages sera tragique ?

 

 

 N.B Je posterai la correction dans la journée

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